La parole est à Maître Bastardi-Daumont
"Moix, Faurisson, Blanrue, Frêche, Dieudonné, c'est l'ère de la répression des mots".
Entretien réalisé par Guillaume Sanjorge, pour Herakles productions.
- Bonjour Maître Bastardi-Daumont et merci d’accepter cet entretien. Vous êtes aujourd’hui l’un des avocats les plus controversés en France sur Internet. Que ressentez vous par rapport à cela ?
- Rien. Le monde s’en fout, et moi aussi. Ca fait rire les oiseaux. Controversé, pourquoi ?
- C’est simple : vous avez d’abord contribué plus que largement à la diffusion de l’ouvrage polémique {« Sarkozy Israel et les Juifs »}, de Paul Eric Blanrue, livre que vous préfacez, vous êtes en 30 ans le premier avocat du pays à obtenir la relaxe du négationniste Robert Faurisson, et vous rejoignez les avocats de Dieudonné, tout en participant à la demande de dissolution de la LDJ. Ca fait beaucoup. N’avez-vous pas peur de vous coller une étiquette ?
- Certes, j’en défends d’autres encore, et alors ? Pour information, Robert Faurisson est révisionniste. Nuance. Il ne nie pas les souffrances ni les persécutions, il révise la l’Histoire de la seconde guerre mondiale. Quant à la LDJ, c’est un groupuscule violent et xénophobe sur le site duquel on pouvait lire des encouragements pour le massacre de Gaza, et dont, surtout, certains membres revendiquent des agressions physiques. A ma connaissance les milices sont interdites en France depuis 1936. Pour autant, le Ministre de l’Intérieur Brice Hortefeux détourne le regard de la LDJ et dissout le mouvement de Kemi Seba, non violent. Allez comprendre. Plus de 3750 français ont demandé la dissolution de cette milice, silence du gouvernement. J’ai fait partie des premiers signataires, avec d’autres avocats, avec le MRAP, c’est le devoir d’un Républicain que de préserver la paix sociale de ce genre de groupuscules.
- D’autres clients, aussi sulfureux?
- D’autres clients heureusement, mon cabinet gère pléthore d’affaires de tout type. Sulfureuses? Secret professionnel, mais vous risquez d’être surpris dans les mois qui viennent. Une étiquette ? tiens donc. Quelle étiquette ?
- Celle de l’avocat des antisémites ?
- Ah, celle là, la fameuse (rires). Non, je n’ai pas peur. Je m’en fiche. J’exécute froidement un travail qu’aucun confrère de France n’a le courage de réaliser aujourd’hui. Même Jacques Verges a refusé de défendre Robert Faurisson. Il en faut bien un. Et en plus, nous avons gagné. Comme quoi rien n’est indéfendable. Ce faisant, je rend hommage à ma Robe. Si on me demandait de défendre d’autres axes, j’irai sans aucun état d’âme.
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